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Chapitre 9

9.37   Le lendemain, lorsqu'ils furent descendus de la montagne, une grande foule vint au-devant de Jésus.
9.38   Et voici, du milieu de la foule un homme s'écria: Maître, je t'en prie, porte les regards sur mon fils, car c'est mon fils unique.
9.39   Un esprit le saisit, et aussitôt il pousse des cris; et l'esprit l'agite avec violence, le fait écumer, et a de la peine à se retirer de lui, après l'avoir tout brisé.
9.40   J'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n'ont pas pu.
9.41   Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous, et vous supporterai-je? Amène ici ton fils.
9.42   Comme il approchait, le démon le jeta par terre, et l'agita avec violence. Mais Jésus menaça l'esprit impur, guérit l'enfant, et le rendit à son père.
9.43   Et tous furent frappés de la grandeur de Dieu. Tandis que chacun était dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples:
9.44   Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes.
9.45   Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu'ils n'en eussent pas le sens; et ils craignaient de l'interroger à ce sujet.
9.46   Or, une pensée leur vint à l'esprit, savoir lequel d'entre eux était le plus grand.
9.47   Jésus, voyant la pensée de leur coeur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
9.48   et leur dit: Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand.
9.49   Jean prit la parole, et dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas.
9.50   Ne l'en empêchez pas, lui répondit Jésus; car qui n'est pas contre vous est pour vous.
9.51   Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.
9.52   Il envoya devant lui des messagers, qui se mirent en route et entrèrent dans un bourg des Samaritains, pour lui préparer un logement.
9.53   Mais on ne le reçut pas, parce qu'il se dirigeait sur Jérusalem.
9.54   Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume?
9.55   Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés.
9.56   Car le Fils de l'homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. Et ils allèrent dans un autre bourg.
9.57   Pendant qu'ils étaient en chemin, un homme lui dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras.
9.58   Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l'homme n'a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.
9.59   Il dit à un autre: Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père.
9.60   Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu.
9.61   Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison.
9.62   Jésus lui répondit: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu.

Ils n'ont pas pu. ( v. 37-42 )

La puissance de guérison, ou de combattre les démons, dépend de la foi. Plus la foi est grande, et plus la guérison sera efficace.

Elle était voilée pour eux (v. 43-45)

Jésus prévient les disciples de son prochain martyre. Mais ils ne le comprennent pas.
Cela se passe aussi pour nous, quand nous l'écoutons. Combien de fois lisons-nous et relisons-nous un même verset sans vraiment y faire attention. Un verset anodin au milieu d'autres. Et puis un jour, à la relecture, il prend soudain une toute autre signification. Il révèle son importance.
La Pärole est voilée pour ceux qui ne sont pas prêt à l'entendre.

Lequel était le plus grand. ( v. 46-48 )

Jésus prend un enfant en exemple. Mais il aurait pu prendre n'importe quelle personne dans le besoin, la démonstration aurait été la même. N'importe qui de faible, qui pour une raison ou pour une autre a besoin d'aide (pauvres, réfugiés, sans abri...). C'est ce qu'il dit dans la parabole des boucs et des béliers, en Matthieu 25. Quiconque a fain, ou soif, ou froid...
En recevant les gens dans la peine, c'est Jésus qu'on reçoit. Autrement dit, nous pratiquons ce qu'il attend de nous.
Et en le faisant, c'est Dieu que nous accueillons.

La force de ceux qui suivent Jésus, c'est de n'avoir pas de force. Notre force, c'est d'avoir remplacé la force, le pouvoir, par l'amour.
La force, le pouvoir, la grandeur, sont des attributs du diable. L'amour est l'attribut de Dieu.

Parce qu'il ne nous suit pas (v. 49-50)

Dans ce conseil (qui est plus qu'un conseil), Jésus définit ce qu'est le péché contre l'Esprit. C'est être contre Dieu. C'est combattre Dieu. En toute connaissance de cause, en sachant bien ce que l'on fait. Là est le péché qui n'est pas pardonnable.
A l'opposé, toute personne qui n'est pas contre Dieu, est avec lui. Même s'il ne le sait pas encore. Toute personne qui ne combat pas Dieu en ayant bien tout compris, sera sauvée. Dans ce siècle, ou dans le suivant.

Cette parole de Jésus nous explique que toutes les personnes qui parlent de lui dans les différentes églises que nous connaissons, sont pour lui. Même si elles ne suivent pas son enseignement, pour une raison ou pour une autre, nous devons bien les considérer, car elles sont pour Jésus et pour Dieu.

pour les sauver (v. 51-56)

Jésus se rend à Jérusalem pour la Pâcque, comme tout juif désireux d'offrir son sacrifice au Temple. La prudence lui conseillerait de ne pas le faire, car les autorités cherchaient à le supprimer. S'il le fait quand même, c'est parce que le temps de son propre sacrifice est venu.

Les samaritains avaient un culte voisin de celui des hébreux. Ils adoraient Yahweh et respectaient le Loi, mais ne reconnaissaient pas Jérusalem et son Temple, pas plus que la prêtrise Aaronique.
C'est donc par sectarisme qu'ils rejetaient les hébreux.
Nous faisons pareil quand nous nous emportons contre quelqu'un d'une autre église (ou de notre église) qui nous rejette. Nous avons rarement la pensée d'essayer de le sauver.

Jésus part donc pour un autre village. Jésus s'offre, mais ne s'impose pas.

pas un lieu pour se reposer. (v. 57-58)

Jésus n'a pas un lieu pour se reposer, pour deux raisons.
D'abord parce que c'est pas le temps du repos. C'est le temps du travail. Le repos viendra quand il sera près de Dieu, régnant sur son royaume.
Ensuite parce que le repos n'est pas sur terre. La terre est le lieu du travail. Le repos viendra au ciel.
Jésus fait cette réponse à l'homme qui veut le suivre, pour lui indiquer que ce n'est pas une tâche de tout repos.
Il nous indique à nous tous, qui désirons le suivre, que ce n'est pas une tâche de tout repos, de suivre le Fils de l'Homme. Mais qu'il faut porter sa croix.

Quiconque regarde en arrière n'est pas propre au Royaume de Dieu (v. 59-62)

Par cette série de réponses, Jésus nous dit que ce n'est pas chose facile de le suivre. Mais qu'il s'agit de la chose la plus importante qui puisse exister. Elle passe en priorité avant toute autre motivation, quelle qu'elle soit.